Que faites-vous de vos morts?

Résumé

Dans son exposition intitulée « Beau doublé, Monsieur le Marquis » au musée de la Chasse et de la Nature en 2017, Sophie Calle, qui continue de nourrir son œuvre des événements de sa vie intime, et qui, en guise d’introduction, y parlait de la mort récente de son père, a invité les visiteurs à s’interroger sur celle de leurs proches par des questions concrètes. Dans votre agenda, vous écrivez « mort » à côté du nom ? Vous raturez ? Vous ne faites rien ? Vous avez une méthode personnelle ? Supprimez-vous le numéro de téléphone du défunt ? Dans ce livre intitulé « Que faites-vous de vos morts ? « , des photographies prises par l’artiste à travers le monde dans des cimetières accompagnent une sélection de messages laissés par les visiteurs pendant la durée de l’exposition.

Auteur (e) (s) (es)

Sophie Calle

A propos de (s) auteur (e) (s) (es)

Sophie Calle est une artiste plasticienne, photographe, femme de lettres et réalisatrice française. Son travail d’artiste consiste à faire de sa vie, et notamment des moments les plus intimes, une œuvre. Pour ce faire, elle utilise tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances, etc. 

La critique du Monde des Livres par Macha Séry

Lors de son exposition « Beau doublé, Monsieur le marquis ! », au Musée de la chasse et de la nature, à Paris, en 2017, l’artiste Sophie Calle avait laissé un livre d’or à destination des visiteurs. Il s’ouvrait par une série d’interrogations : « Que faites-vous de vos morts ? Dans votre agenda, vous écrivez “mort” à côté du nom ? Vous ajoutez une croix, une tombe ? », etcUn beau recueil en noir et blanc, d’une tendre mélancolie, en résulte aujourd’hui. Les messages d’anonymes y alternent avec des photographies de stèles mortuaires, prises aux États-Unis par Sophie Calle. Celle-ci égrène également quelques souvenirs liés au décès de sa mère. L’inventaire, par exemple, des objets déposés sur sa dépouille avant la fermeture du cercueil. Et eux, que font-ils de leurs morts ? « Je les retiens », « Je les ­déçois », « je les “unfriend” de Facebook », disent-ils. « C’est fou ce que je m’entends bien avec ma mère depuis qu’elle est morte : on ne s’engueule plus. » Les messages sont de diverses tonalités, souvent émouvants, lapidaires ou rédigés sous forme d’un ­microrécit. Tel ce parent ayant dû faire incinérer son fils de 17 jours avec un galet blanc qui s’est tacheté de gris, seul vestige de l’opération. M. S.

Date de parution

ACTES SUD PARU LE : 23/01/2019